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Enfin Fiorentino !

Belgian Dark Dog Moto Tour : Samedi 23 mai, 3ième et dernière étape, Francorchamps - Libramont - Francorchamps.

Jamais deux sans trois dit-on - cet adage a bien manqué définir la course de Fred Fiorentino. Lors des deux précédentes éditions du Belgian Dark Dog Moto Tour, le Binchois avait fait le spectacle, s'était glissé parmi les leaders, avant de commettre des erreurs de débutants et de voir s'échapper les succès un instant promis. Cette année, il avait mis toutes les chances de son côté, avait reconnu les spéciales de nombreuses fois et profitait d'une équipe d'assistance bien rodée. Heureusement, car ce samedi soir, alors qu'il se dirigeait vers Francorchamps et un champagne bien mérité, le pneu arrière de sa KTM se dégonflait progressivement. Au cours de l'ultime test de régularité qui empruntait des chemins caillouteux, une pierre avait percé le caoutchouc. Encore fallait-il, en pleine campagne, avec un minimum d'outils, transférer la roue de la moto suiveuse sur celle de course. Une opération pas commode surtout sans béquille centrale et au vu du poids quand même conséquent des machines. Mais Fio et son suiveur pouvaient compter sur le coup de main de Gérald Delépine qui aurait très bien pu passer son chemin et rêver ainsi de victoire. Le Liégeois mettait même sa seconde place en péril et, comme Fiorentino, était obligé d'accomplir les 25 derniers kilomètres de ce parcours magnifique la poignée dans le coin pour éviter une pénalité horaire fatale.

Un rebondissement final du genre aurait été vraiment dommage pour les deux pilotes et surtout pour Fiorentino domina de très loin les trois jours du rallye. Il n'a perdu que trois des spéciales programmées ne laissant que celles du karting et du centre de maîtrise Peugeot à Delèpine et le second passage à Jehonville, ce samedi après-midi, à Grégory Fastré. Il fut de très loin supérieur à tous, et notamment à Fred Lejeune qui espérait réaliser la passe de trois.

Hélas la pugnacité de « Fio » et la hargne de « Gégé » au guidon d'une Husqvarna pourtant moins puissante, mais aussi quelques soucis mécaniques (mauvais choix de pneu, anti-dribbling se déclenchant trop vite) ont eu raison des ambitions de Lejeune. Le Verviétois fut d'ailleurs tout heureux de profiter de la bévue de Fastré vendredi matin. En allant gambader dans la nature et de glisser dans la boue de Bourseigne, Greg et sa Ducati glissaient aussi en bas du podium. Mais dans son malheur Fastré eut, lui aussi, un brin de réussite car Damien Denil commettait une grosse bourbe au test de régularité de ce samedi matin. Ecopant de 9 secondes de pénalité, Denil laissait filer Fastrè pour moins que cette différence !

Les réactions.


Fred Fiorentino

« Lorsque j'ai vu mon pneu crevé, j'ai vraiment pensé que tout était foutu. Heureusement que j'ai pu bénéficier d'une équipe d'assistance de choc et de l'aide de Gérald Delépine. Maintenant que je suis en tête du championnat IRC, j'espère que KTM France débloquera un budget pour me permettre de défendre cette place au Dark Dog Moto Tour. En rallye, l'important est vraiment la préparation et les reconnaissances, la course en elle-même n'est qu'un dessert »

Gérald Delépine

« Je n'espérais vraiment pas ce podium. Pour tout dire, je pensais faire au mieux une étape. Jeudi, au départ, j'étais vraiment très nerveux et quasi certain de me perdre à tous les changements de direction, de patauger dans les tests de régularité, de tenir les 1500 Km de liaison. Et finalement rien de cela.

Bien qu'un peu courte en puissance - j'ai eu peur que Fred Lejeune ne profite des étapes rapides de ce samedi pour me dépasser - ma Husqvarna a été parfaite et n'a demandé que du carburant. Rien d'autre.

Partout j'ai été bien accueilli, j'ai malgré tout battu deux fois Fiorentino et puis le parcours était magnifique, surtout le retour vers Francorchamps de ce samedi après-midi »

François De Spa

« J'ai beaucoup apprécié le tracé et je me suis vraiment défoulé en spéciales. Il y en avait pour tous les goûts. On a eu aussi de la chance avec la météo. Avec le soleil, le rallye, bien plus long que l'an dernier, n'était déjà pas facile et fatiguant, avec la pluie il aurait encore atteint une autre dimension. Je regrette juste une chose : les deux minutes prises en liaison au terme d'un tronçon plus serré que les autres. La pénalité est vraiment disproportionnée surtout en face de celles, très minimes, que l'on impose lors des tests de régularité. »

Thierry Sol

« Mon bilan est assez mitigé. Je ne suis pas habitué à ce genre de spéciales, même si elles étaient chouettes et que l'ambiance était sympa. »

Romano Laghi

« Yé me sou amusé biaucoup » en français dans le texte

Alan Lehmann

« Dommage que la pluie n'était pas de la partie, elle m'aurait avantagé. L'absence de reconnaissance m'a beaucoup pénalisé. On peut la chiffrer à près de dix secondes par passage. »

Damien Denil

« Je suis fatigué mais je suis vraiment triste que le rallye soit fini. C'était magnifique. Dommage mon manque d'expérience et ma grosse boulette de ce samedi matin en régularité. J'y perds la 4ième place. »

Grégory Fastrè

« Je suis déçu par ma sortie de route à Bourseigne. Elle a conditionné tout mon rallye. »

Eric Delannoy

« Mon objectif était de terminer dans le top 10 et j'accroche la 7ième place. Ma KTM manquait un peu d'allonge et dans les spéciales rapides de ce samedi j'ai eu peur de perdre des places. Heureusement, il n'en fut rien. Et puis, finalement ce manque de puissance m'a évité de jouer la tête et ainsi de prendre des risques. »

Daniel Gilles remporte le Critérium

Pour permettre à tout un chacun de découvrir cette discipline qu'est le rallye, les organisateurs avaient accepté d'ouvrir la 3ième étape aux licenciés à la journée et d'appliquer le règlement national.

Une quinzaine de concurrents (dont deux sidecaristes et deux duos) s'élançaient vers Libramont. L'appréciation fut unanime, même pour des habitants des environs de Libramont qui découvraient les toutes petites routes de leur région.

Comme il fallait s'y attendre ce sont surtout les tests de régularité qui façonnèrent le classement final. Ainsi Patrick Orban (Kawasaki), notre ex-vedette de la vitesse pure, se montrait-il logiquement le plus rapide contre le chrono, mais perdait tout en se loupant complément lors des trois régularités. Pierre Delfosse (BMW) ne profitait pas de l'occasion et c'est Daniel Gilles (Triumph) qui émergeait sur le fil devant Delfosse et Damian Chaballe (BMW).

Remarquons la belle performance de l'impressionnant side-car Zeus que Faber et Maillard menaient à la dixième place.